Même si certains en doutent encore, la VR est le prochain territoire à conquérir pour le jeu vidéo. Toutefois, cette technologie pourrait bien conquérir des territoires bien plus vastes. La semaine dernière, j’ai en effet assisté à un congrès à Font Romeu à l’occasion duquel des chercheurs ont exposé les probables applications médicales de cette technologie. Et vraiment, certaines applications étaient tout simplement hallucinantes ! La réalité virtuelle permet par exemple déjà de guérir des gens atteints de phobies. Un thème important s’il en est : une personne sur cinq est en effet atteinte de troubles anxieux ! Mieux encore, 2 % de ces personnes sont aussi régulièrement atteintes de crises de panique. La question du traitement de ces affections est donc indispensable pour les médecins. Et la VR est une technologie qui semble taillée pour traiter ces dernières. Avec un casque de VR, l’individu peut en effet être confronté à l’objet phobique, et il le fait d’autant plus facilement qu’il sait qu’il peut s’extraire de cet univers virtuel à tout instant. Une personne qui a une peur panique de l’eau peut ainsi se familiariser progressivement à des milieux liquides. Mais nous ne faisons en réalité qu’entrevoir à peine les possibilités offertes par cette technologie. Dans la réalité virtuelle, rien ne nous oblige en effet à nous limiter à notre condition humaine. Pour le moment, on y incarne toujours un corps humain virtuel. Mais rien, dans les faits, ne nous y contraint. Dans les années 80, un pionnier a souhaité mettre en évidence que l’homme pouvait être davantage. Par le biais de la réalité virtuelle, des personnes ont entre autre appris à diriger… un troisième bras au fil des exercices ! Cette nouvelle capacité procurée par le virtuel ouvre de nouvelles pistes de réflexion. Evidemment, il reste encore à découvrir ce qu’il est possible d’apprendre par ce biais. Mais nul doute qu’un jour ou l’autre, nous pourrons maîtriser des compétences remarquables avec cette technologie. En tout cas, j’ai été séduit par ce congrès: l’organisation était irréprochable. D’ailleurs, voici l’agence qui s’en est occupée, pour les curieux qui voudraient organiser un séminaire à Font-Romeu.
Mois : avril 2017
Le ‘smart beta’, avatar final de la gestion active?
Le « smart beta » est un concept qui recouvre à la fois une industrie et un style de gestion. Pour l’industrie financière, il s’agit de transformer des facteurs d’investissement en indices qui peuvent être répliqués avec des trackers ou ETF bon marché à la disposition des investisseurs. Pour ces derniers, il s’agit d’investir dans des actions qui obéissent à des facteurs communs, présentant donc un comportement boursier similaire. Selon un sondage récent, 75?% des investisseurs en actions de toutes origines utilisent ou envisagent d’utiliser des stratégies “smart beta” et représentent 2000 milliards de dollars d’actifs gérés. À cette même date, il y avait plus de 1000 produits “smart beta” représentant près de 2000 lignes de cotation, proposés par 145 institutions dans 32 pays différents. Ceci posé, il convient tout d’abord d’identifier ces facteurs communs d’investissement. Cinq facteurs émergent de la recherche académique en finance pratiquée depuis 50 ans, et répondent aux conditions suivantes?: persistants dans la durée, valables dans tous les pays, robustes à plusieurs définitions, répondant au bon sens, et pouvant être mis en œuvre à des coûts raisonnables. Ces cinq facteurs identifient les actions qui surperforment?: la valeur (les actions peu chères), la taille (les petites capitalisations), le revenu (rendement élevé), le risque ou la volatilité (faible), le momentum (les actions qui ont déjà monté). Les trois premiers facteurs sont relativement stables dans le temps et intéressent donc plus particulièrement les investisseurs individuels, alors que les deux derniers, susceptibles d’évoluer rapidement avec le temps, engendrent de ce fait des coûts de transactions que seuls les professionnels peuvent assumer. Trois universitaires anglais, Elroy Dimson, Paul Marsh et Mike Staunton, viennent de publier une mise à jour de leurs recherches antérieures sur les marchés boursiers dans le monde, sur longue période (depuis 1926) et dans de nombreux pays (23) sous l’égide du Research Institute du Crédit Suisse. Une section importante de leur étude est consacrée aux primes de ces cinq facteurs, à la fois sur 100 ans (1926-2016), et depuis le début du XXIe?siècle. Les conclusions sont doubles?: sur une longue période et dans presque tous les pays étudiés, ces facteurs dégagent une prime?: le facteur valeur est mieux rémunéré que le facteur croissance, de même le rendement, les petites valeurs, le momentum et la faible volatilité. La différence la plus frappante revient au facteur momentum avec une stratégie 6/1/6. Cette stratégie consiste à sélectionner tous les mois les “winners” et les “loosers” sur les six derniers mois, attendre un mois pour investir et former deux portefeuilles des valeurs ainsi sélectionnées. Un dollar investi en 1922 dans chacun des deux portefeuilles ainsi constitués aurait eu une valeur de 3?364?$ en 2016 pour le portefeuille des loosers et de 2?131?993?$ pour celui des winners?! Mais attention, patience?! Ce sont des résultats sur une longue période et les performances des facteurs sont très volatiles. Il n’empêche, du fait de leur grande résilience au cours du temps, ces cinq facteurs devraient faire l’objet de la plus grande attention de la part des investisseurs, à moins qu’ainsi découverts, ils disparaissent, représentant ainsi le dernier avatar de la gestion active.