La répression de la dissidence au Viêt-Nam

En 2016 au Viêt-Nam, toute critique pacifique des politiques gouvernementales continuait d’être muselée par des moyens judiciaires et extrajudiciaires. Des militants ont été soumis à une surveillance et à un harcèlement de grande ampleur, notamment ceux qui avaient manifesté contre la catastrophe écologique causée par l’entreprise Formosa, qui a touché quelque 270 000 personnes (voir plus bas). Les agressions contre les défenseurs des droits humains étaient monnaie courante. Les autorités ont continué d’avoir recours à des lois formulées en termes vagues pour condamner des militants pacifiques au titre du chapitre sur la sécurité nationale figurant dans le Code pénal de 1999, en particulier l’article 258 (« utilisation abusive des libertés démocratiques pour porter atteinte aux intérêts de l’État et aux droits et intérêts légitimes des organisations ou des citoyens »), l’article 88 (« diffusion de propagande contre la République socialiste du Viêt-Nam ») et l’article 79 (« conduite d’activités visant à renverser le gouvernement populaire »). En l’espace de huit jours, en mars, sept militants et détracteurs du gouvernement ont été condamnés à une peine d’emprisonnement pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions. Parmi ces personnes se trouvaient Nguy?n H?u Vinh, fondateur du blog populaire Anh Ba Sàm, et son assistante, Nguy?n Thi Minh Thúy. Tous deux ont été déclarés coupables aux termes de l’article 258 et condamnés à des peines de cinq et trois ans de prison respectivement. Ils avaient passé près de deux ans en détention provisoire. L’éminent avocat spécialisé dans les droits humains Nguy?n Van Ðài et son assistante Lê Thu Hà étaient maintenus en détention au secret après avoir été arrêtés au titre de l’article 88 en décembre 2015. En octobre, la célèbre militante Nguy?n Ng?c Nhu Qu?nh, connue en tant que blogueuse sous le nom de M? N?m (Mère champignon), a été arrêtée au titre de l’article 88 en raison de publications critiquant le gouvernement sur son blog. Une personne déclarée coupable d’infraction à cet article risque une peine de trois à 20 ans d’emprisonnement. Des défenseurs des droits humains et des membres de leurs familles ont continué d’être régulièrement roués de coups. En avril, peu après avoir rencontré une délégation des États-Unis en visite au Viêt-Nam, Tr?n Th? H?ng, épouse du pasteur et prisonnier d’opinion Nguy?n Công Chính, a été arrêtée et violemment frappée alors qu’elle se trouvait en détention provisoire.