Les choix de Barcelone

Vendredi dernier, lors d’un séminaire à Barcelone, j’ai écouté un intervenant allemand qui expliquait le rapport bancal qu’a la France avec le libre marché. Ce qui pose problème en France avec le libre marché, c’est la manière dont se bâtit la prospérité dans le cadre du libre marché est  rarement établie sur le mérite intellectuel ou social. Ce n’est pas celui qui a un don pour l‘art qui trouve le succès. C‘est celui qui réussit à anticiper au mieux les besoins du « marché » qui trouve le succès. Qu’il s’agisse d’un nouveau téléviseur ou de voyages écoresponsables.. Mieux encore : même si vous êtes quasiment analphabète, vous pourrez devenir richissime grâce au libre marché. Tout ce que vous avez à faire, c’est avoir la bonne idée au bon moment et savoir convaincre le marché. Et cette idée (que le succès dans les affaires est régi par la popularité) procure chez certains de l’inquiétude. On le perçoit dans leur réaction souvent arrogante par rapport aux personnes qui se sont enrichies grâce au libre marché. Connaître le succès en répondant aux desideratas du marché est considéré comme être enchaîné au plus horrible des sentiments humains : la cupidité. Tandis que posséder un projet artistique est vu comme un tribut au plus respectable des sentiments humains : l’esprit humain. Le fait qu’un inventeur devienne infiniment riche grâce à un nouveau produit à déboucher les toilettes, alors qu’un artiste de génie a du mal à percer est considéré par de nombreux intellectuels comme une injustice. En France, presque toute l’élite vilipende « le libre marché ». En mettant la popularité au rang de critère de succès, le libre marché soutiendrait ainsi la « McDonaldisation » de la société : un monde où la culture se transformerait en un colossal marais purulent de mauvais goût. Mais les préférences inviduelles et sociales sont en constante évolution. Et si l’on refusait ce mixage permanente, chacun se recroquevillerait encore dans des traditions qui n’ont plus de sens. Quand je repense à ce meeting à Barcelone, je suis convaincu que c’est cet esprit réactionnaire qui contribue à donner une image passéiste de la France à l’international. Pour plus d’informations, allez sur le site de de l’organisateur du ce séminaire à Barcelone et retrouvez toutes les informations.