Police : amplifier le décloisonnement

Les menaces contemporaines ont précipité les forces de sécurité et particulièrement les services de renseignement dans un monde caractérisé par le temps court et le besoin d’échanges. Ce qui a longtemps été aux antipodes de la culture policière (celle du secret et du temps long). La collaboration et le partage d’informations deviennent donc une priorité absolue. Des initiatives ont montré qu’une collaboration entre services ou que des équipes pluridisciplinaires (les groupes d’intervention régionale, les juridictions inter-régionales spécialisées, la DGSI et le service central de renseignement territorial (SCRT) qui associent leurs forces pour lutter contre la radicalisation, …) pouvaient obtenir de meilleurs résultats. Toute action ou toute réorganisation qui permettra de construire une police décloisonnée doit donc être encouragée : ? mutualisation et convergence des équipements et des outils informatiques (entre police et gendarmerie, mais aussi entre services au sein de chaque maison) ; ? mutualisation des formations ; ? exercices ou réflexions prospectives menés en commun ; ? mobilité croisée entre services ou institutions et management partagé des équipes support ; échanges de cadres dirigeants comme cela a été fait avec succès entre la DGSI et la DGSE ; ? désignation de correspondants au sein de chaque service ; ? réunions d’échanges régulières (suivi d’activité, échanges de bonnes pratiques, …) ; ? système de suivi des performances et de dialogue de gestion qui, du plus haut niveau jusqu’à l’échelon local, analyse et encourage la collaboration et le partage d’informations ; ? Intégration de la dimension « collaboration » dans la politique d’évaluation, de promotion et de rémunération ; ? rapprochements organisationnels (e.g. faut-il réunir la DGSI et le SCRT, mais aussi la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO) de la gendarmerie ? Faut-il regrouper les services de police et de gendarmerie en charge de la cybercriminalité ? …) ; ? etc.